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Le Fantôme de la Lande – Martha Grimes

27 juillet 2009

9782266171205FSC’est mon premier Grimes ! J’en avais un peu peur. Peur de tomber dans le roman à suspens facile ; celui qu’on lit rapidement et qu’on oublie aussi facilement. Il n’en a rien été puisque que j’ai adoré autant l’histoire que la façon dont elle est racontée.

Habitant un paisible petit village aux toits de chaume des Cornouailles anglaises, Rose Mulvaney est assassinée sous les yeux de sa fille, de plusieurs coups de couteau. Et l’affaire commence mal puisque le réputé commissaire (principal !) Macalvie ne résout pas l’énigme !

Vingt ans plus tard, plusieurs enfants sont assassinés les uns après les autres dans le même périmètre. Dépêchés de Scotland Yard, l’inspecteur Jury et Melrose Plant mènent une enquête dans laquelle on pense avoir trouvé le coupable à chaque fin de paragraphe, pour s’apercevoir que c’est finalement une mauvaise piste. Du coup, on reste jusqu’à la fin…

L’énigme va trouver sa résolution dans les secrets d’une noble et vieille famille anglaise. L’auteur, américaine mais vivant au Royaume-Uni, fait une description ironique, mais si réaliste, de l’Angleterre des Lords et des particules (élémentaires mon cher Watson ?), avec, immanquablement la présence de chats, de chiens, de vieilles voitures de collection, de porridge et des breuvages incontournables : thé, whisky et bière. L’auteur nous épargne la pipe et les couvre-chefs ridicules…

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Meurtres à la Pomme d’Or – Michèle Barrière

22 juillet 2009

9782914645805FSAu seizième siècle, chrétiens, juifs et protestants se battaient pour la suprématie dans plusieurs villes du royaume de France. Il en était ainsi à Montpellier, et c’est dans ce contexte que le jeune François Poquet est envoyé faire ses études de médecine dans cette ville à l’avant-garde. Seulement sa seule religion est plutôt terrestre : il est habité par tout ce qui touche à l’art culinaire. Il loge chez l’apothicaire Catalan et à cette époque, plantes médicinales, médecine et cuisine sont intimement liées. François est aux anges.

Et moi aussi. D’autant plus que Michèle Barrière est historienne de la gastronomie. Et de celle-ci, elle nous en sert à la louche tout au long de ce roman à déguster sans modération. En entrée, nous iront déterrer un mort fraîchement enseveli, afin de l’autopsier au nom de la science. En plat de résistance, nous élaboreront savamment un complot, hourdis par d’obscurs Célestins, et dont le bras armé est la confrérie des épiciers, contre les juifs et les protestants qui fournissent le gros du peloton d’apothicaires. Ceux-ci sont en effet accusés de vendre un poison aux habitants, qui tombent comme des mouches (dans le potage ?) les uns après les autres. A cette époque (et sans doute encore aujourd’hui), les confréries de marchands et les métiers se bagarraient pour défendre leur pré carré : coups bas, dénonciations, rumeurs, etc.

Bien entendu, François va débrouiller les oeufs cette affaire, aidé de son professeur Rondelet et de plusieurs sommités, au titre desquelles il faudra compter Nostradamus, Olivier de Serre, Gabriel Fallope ( si si, celui qui donne de la trompe !), Renée D’Este et toute une ribambelle de savants et d’artistes italiens. Car François visite à l’occasion Bologne et j’ai beaucoup apprécié la description qu’en fait l’auteur : entre curiosité pour les sciences et sens de la fête. Chaque étape de l’enquête est aussi une occasion pour notre héros de rencontrer des maîtres cuisiniers, de découvrir des spécialités et de dénicher des livres de recettes parmi les premiers édités en Europe. C’est le genre de roman que vous lisez de la main gauche, la droite faisant l’aller-retour vers le bocal à friandises.

Toute cette aventure est saupoudrée de galipettes, émois interdits et histoires de belles. Il n’est pas de péché de chair(e) qui ne soit bien arrosé ! Un régal, merci patronne !

La critique un peu moins enthousiaste de Bibliotheca, enjouée de Bill & Marie, complète de K-libre, un article d’Actualitté sur les dernières Rencontres du Livre d’Histoire ayant pour thème Histoires Gourmandes.

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Requêtes dans le monde de l’écrit : les moteurs de recherche alternatifs à Google

20 juillet 2009

Même si j’utilise beaucoup Google pour suivre blogs et sites orientés polars et thrillers (en français, et en langues étrangères), il existe aussi d’autres moteurs qui offrent des potentialités dans le domaine de la recherche dans le monde de l’écrit. Petit tour d’horizon, avec comme requêtes Henry de Monfreid (HDM), auteur français trop peu connu et Dan Brown (DB), best-seller international.

  • yahoo_answersVous avez tout d’abord Yahoo ! Et plus particulièrement Yahoo ! Ask (en Français). L’originalité est qu’il faut aller dans la catégorie Arts et Sciences humaines pour trouver une sous-catégorie Livres et auteurs. Le principe : vous posez une question sur un sujet qui vous interpelle et d’autres internautes vous répondent. Vous pouvez aussi répondre aux questions des autres internautes. Des résultats intéressants pour mes deux auteurs/cobayes.
  • bingLogo_reverse_lgMicrosoft vient de lancer un moteur qui s’appelle Bing. Pas d’innovation majeure par rapport à Google si ce n’est un affichage possible des recherches les plus fréquentes nommé xRank. Pour l’instant pas trop séduit. Ayant fait sur xRank une recherche au résultat nul sur Henry de Monfreid, j’ai entrepris la même requête sur Dan Brown : pas de résultat non plus ! A suivre.
  • 3572374391_61597169bcTopsy est un moteur de recherche sur les tweets. C’est-à-dire qu’il va chercher ses résultats dans les mini-messages que l’on s’envoie sur Twitter et consorts. Cela est sensé nous permettre d’obtenir les dernières réactions à chaud à propos d’événements susceptibles d’être sélectionnés à priori. Dans la même veine, Twitturly classe en premier les messages les plus réexpédiés (gage de pertinence, …ou de rumeur !). Digg et Wikio procèdent déjà à ce genre de recherche. Topsy : un résultat pour HDM et 17 pour DB. Twitturly : aucun résultat pour HDM et une pleine page pour DB.
  • Kartoo fait une recherche sur la réputation des requêtes. Vous obtenez un décompte des sites qui parlent en bien ou en mal de la requête. Pas de résultat pour nos deux écrivains : essayez avec votre propre nom !
  • blinkx_logoUn autre moteur qui selon moi a de l’avenir est Blinkx. Il permet de trouver des vidéos et films, avec des extraits précis. Beaucoup de résultats venant de YouTube, mais aussi des perles comme par exemple ce documentaire un cours de production sur les aventures d’un boutre en bois sur les traces d’Henry de Monfreid en Mer Rouge. Il y a plus de résultats sur Blinkx que sur Google Videos pour la requête HDM ! Je ne vous parle même pas de ce que ça donne pour DB… A titre de curiosité, vous ferez une recherche comparative sur le terme littérature (avec un é) ; le résultat est éloquent : plus de réponses sur Google Videos mais un meilleur choix sur Blinks. Bref, je suis conquis.
  • Dans le même genre que Blinks, mais orienté sur le son, Voxalead permet de retrouver des chansons en la fredonnant au micro du site Midoni sur votre ordinateur ! Pas de rapport avec la littérature, c’était juste pour le fun… (Il faut bien se détendre !)
  • Ulike_logoUlike est plus proche de la communauté culturelle que du moteur de recherche. Ce site permet cependant d’être averti selon vos goûts et de noter vos choix. Je suis inscrit pour voir, comme au poker. Plusieurs résultats pour nos deux auteurs.
  • Parce qu’on est jamais aussi bien servi que par soi-même, je construis, au fur et à mesure de mes découvertes sur le Net, un moteur personnalisé qui compte à ce jour plus de 700 sites et blogs issus du monde de l’écrit. Vous êtes les bienvenus pour y contribuer !

Cette liste n’est pas exhaustive et j’en fais une page permanente que vous trouverez sur l’onglet Bonnes adresses. De cette façon, je l’éditerai au fur et à mesure de mes découvertes. De la même façon, n’hésitez-pas à m’avertir lorsque vous trouvez quelque chose d’intéressant !

La Foire de Saint-Pierre – Ellis Peters

18 juillet 2009

9782264033178R1Ellis Peter est l’un des pseudonymes de la romancière anglaise Edith Pargeter, sous lequel elle a commis la très prolifique série d’enquêtes menées par le moine bénédictin Cadfael. J’ai déjà évoqué ce personnage parmi quelques enquêteurs atypiques. Avant de s’engager, son expérience militaire et sa vie aventureuse lui ont permis d’acquérir de l’épaisseur. La Foire de Saint-Pierre est la quatrième enquête (sur 21) qui met en scène des bagarres, vols et meurtres pendant l’une de ces foires qui avaient cours au Moyen-Age partout en Europe, et qui étaient un lieu d’échange, non seulement pour les marchandises, mais aussi pour les idées et les complots politiques. C’est dans ce contexte que notre frère bénédictin se voit confier la résolution du meurtre d’un grand marchand de Bristol (Maître Thomas), assassiné après une altercation avec les fils des marchands de la ville hôte (Shrewsbury en Angleterre, en 1139). Le leader de cette bagarre est d’ailleurs soupçonné un temps, avant que n’interviennent vol, agression et meurtre pendant son incarcération. Nous soupçonnons un temps la nièce de Maître Thomas (Emma) d’avoir un comportement louche, mais c’est pour mieux dévoiler plus tard une sombre affaire politique dans cette Angleterre faite de vassaux qui complotent dans le dos du Roi, pour obtenir plus de terres et de richesses.

J’ai été très surpris par l’équilibre de l’enquête. Les trois premiers quarts du roman, d’une langueur interminable, se développent un peu comme une investigation classique (Sherlok Holmès) alors que le dernier quart relève plus du thriller politico-historique. Etre mis plus tôt dans la confidence m’aurait apporté plus de piment. Cela aurait donné une autre dynamique au roman. Sinon, l’auteur s’atarde volontier sur les détails qui formaient la vie commerciale de cette époque, ainsi que sur les moeurs des marchands, ce qui n’est pas pour me déplaire, moi qui apprécie le décorum social, voire anthropologique. J’accompagnerai volontiers cet ancêtre de Guillaume de Baskerville dans une autre enquête !

Goodies : les enquêtes de Cadfael font l’objet d’une série TV dont l’acteur ressemble plus à une empereur romain finissant qu’à un moine…

La critique enjouée de Paperolles.

Cyril Carau en dédicace au Soleil Vert

16 juillet 2009

couv_ange_680Si vous me lisez régulièrement, vous connaissez mon engagement pour une librairie indépendante et de qualité. Aussi je clavarde très facilement quand on me propose de mettre en avant les initiatives de certaines d’entre elles, surtout quand elles sont spécialisées dans les rayons que j’ai l’habitude d’écumer !

Dominique et Herveline invitent Cyril Carau le 25 juillet à la librairie Soleil Vert, 15 Grande rue à Calvisson (30). Cet auteur de polar estampillé Marseille y dédicacera L’Ange de Marseille à partir de 17 heures (quand il commence à faire moins chaud, à l’heure du retour de plage et avant l’apéro…) Et si vous ne revenez pas de la plage, peut-être aurez-vous vagabondé en Vaunage, turbulente et colorée, toujours illuminée de fêtes, et autour de toi, se donnant la main, cette farandole de villages d’or (Maurice Aliger).

Et l’auteur ? Les détails de son roman se trouvent sur le site des Editions Sombres Rets. Un lyonnais (d’origine) faisant la promo d’un marseillais : on aura tout vu sur ce blog !!

L’Empreinte du Renard – Moussa Konaté

14 juillet 2009

9782213626826Après avoir lu il y a quelque temps, trop longtemps, pratiquement tout Monfreid, il est bon de reprendre les pistes de la littérature africaine ! Partir cette fois-ci à la découverte du Mali, en compagnie du commissaire Habib. Un héros haut en couleur (OK, mauvais jeu de mots !) et toute une panoplie de personnages attachants que nous rencontrons dans cette enquête fastidieuse.

Après un duel difficile, plusieurs villageois dogonos (Dogons) sont assassinés de façon mystérieuse. Le commissaire et son inspecteur sont envoyés de Bamako à Pigui, minuscule village, car il se pourrait que cette affaire soit politique. Au détour de chaque paragraphe, on découvre les us et coutumes en pays Dogon et au Mali. Les rues embouteillées de Bamako, les petits villages arrêtés dans le temps, la pratique approximative du pouvoir, le multilinguisme et l’esprit tribal.

La danse des masque en pays dogon

La danse des masques en pays dogon

Formés à la manière occidentale, les enquêteurs se heurtent aux croyances et à la magie partout présentes. Ils évoluent de surcroit dans un pays où les ethnies ne considèrent pas l’Etat comme un élément supérieur, affirmant leur ancienneté comme fondement de la Loi. Sauront-ils surmonter ce mur de l’irréel qui entoure tribus et villages ? Ce sentiment de claustration séculaire est aussi vécu par les jeunes dogonos, à l’image de cette réplique donnée par l’un d’eux :

Tu sais, on étouffe dans ce pays. Toutes ces coutumes, cette religion, ces contraintes, on en a marre. Nous, on est jeune et on veut vivre. Pigui, c’est l’enfer. Je ne cherche qu’une chose : être riche et foutre le camp. Pour les autres, c’est pareil.

Moussa Konaté écrit de façon fluide, allant à l’essentiel tout en nous transportant dans cette Afrique légendaire. On se passionne rapidement : j’ai beaucoup apprécié par exemple la description qu’il fait de la danse des Masques ; on s’y croirait. Pour un peu, il nous ferait oublier que nous avons une enquête à boucler !

Je lirai d’autres romans de cet auteur. Voyez aussi l’avis mitigé de Lorence, Sophie, Hannibal ; enjoué de Anagnoste, Yv, Armande, Chaperlipopette. Au passage, une mine d’or pour qui s’intéresse à la culture africaine : Gangoueus.

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Qui sera l’éditeur français de Peter James ?

12 juillet 2009

pete4Peter James est cet auteur anglais prolifique et imaginatif qui a publié en France, aux Editions du Panama, Comme une tombe, roman dans lequel le héros est victime d’une mauvaise plaisanterie puisqu’il est enfermé dans un cercueil, en guise d’enterrement de vie de garçon. Angoisse assurée. Il a écrit aussi Mort ou presque, qui se déroule dans des conditions déroutantes, ou encore La Mort leur va si bien qui fait intervenir la technologie numérique.

Mais voilà. La maison Editions du Panama a été mise en liquidation judiciaire ce dix-huit juin. Le juge a refusé l’offre de l’éditeur Max Milo. De la même manière, un plan de reprise d’Antoine Gallimard et d’Olivier Poubelle (salle de spectacles Le Bataclan) a échoué. Peter James publiera-t-il toutes ses oeuvres chez Milady ? Cette maison d’édition a déjà au catalogue Possession et Mort imminente, qui ont une connotation plus fantastique.

Cet amateur de 2CV, avec lesquelles il fait des courses qui se finissent en stock-car, apprécie beaucoup la culture française, et je ne doute pas qu’il saura choisir un éditeur français à la hauteur de ses ambitions. Plon, Grasset ? Les paris sont lancés !