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Changement de lieu

13 décembre 2015

La plupart des articles ont été rassemblés ici. Merci !

C’est aussi à cette nouvelle adresse que l’aventure continue.

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Je suis de retour ! Oui, mais…

10 août 2013

Dieu que la blogosphère littéraire a changé depuis trois ans ! Je l’ai suivie de loin, d’un œil distrait, le gauche, celui qui voit le moins bien. Je reviendrai dessus mais d’abord je dois des excuses, ou des explications pour cette longue absence. Je pourrais évoquer une vie privée tumultueuse mais c’est la découverte de talents artistiques insoupçonnés qui m’ont éloignés de ma passion qu’est la lecture. De plusieurs livres par semaine, je suis passé à un par mois, voire zéro virgule quelque chose. L’envie et le besoin de lire sont toujours là mais le temps manque. On vit parfois ce genre de période de ralentissement et il ne faut pas en avoir honte ; en tout cas je le vis bien merci.

Je construis des objets et des univers 3D dans lesquels la littérature, le livre, ne sont jamais très loin. La Culture, l’Histoire sont mes guides. La curiosité mon carburant et la persévérance une courroie de transmission. Dans l’orientation que prendra ce blog, il y aura donc un mélange surprenant. Le thriller aura toujours la vedette. Il prendra simplement, parfois une troisième dimension, celle de la profondeur au sens propre. Il existe d’ailleurs un blog francophone qui (essaie de faire) fait état des initiatives culturelles présentes dans les univers virtuels persistants : La Culture francophone sur Second Life. Articles trop rares mais les initiatives existent réellement et certaines perdurent.

Je resterai dans le domaine du thriller, sous-genres ésotérique, historique, religieux. J’ai un faible pour Steve Berry, Umberto Echo, Henry Loevenbruck et d’autres autour desquels je tournerai tel un Peter Pan excité. Avec à chaque fois une recherche sur certains éléments qui font l’intérêt et la trame du roman. Souvenez-vous des articles que j’ai écrits sur les romans de Steve Berry, sur une hypothétique descendance mérovingienne de Jésus ou encore sur l’existence d’un treizième apôtre ; mes prochains articles seront du même tonneau. Pour moi un blog littéraire ne se résume pas au recopiage de la quatrième de couverture avec l’ajout d’une notation ; il est le départ d’une analyse d’une thématique ; il est le reflet des interrogations que le lecteur se pose.

Ma devise restera la même : « Lire, écouter, voir, réfléchir et, surtout, partager… » A bientôt donc !

Génération WWW – Ralph Hababou

26 février 2010

Génération WWW - Ralph Hababou

WWW pour Web, Woman, Weather.

Ralph Hababou est une pointure dans le conseil aux entreprises, grâce notamment aux bestsellers qu’il a vendus dans ce domaine : Service Compris, Service Gagnant. De bonne facture, ces ouvrages ne sont pas cependant sur ma table de chevet, et celui que je viens de lire ne le sera pas plus.

Cet ouvrage ne m’a en effet rien appris de plus que ce je savais déjà. Il a juste le mérite de poser la question existentielle de ce début de siècle, formulée certes d’une belle façon (p 166) :

Le déclin, c’est quand on dit « Que va-t-il se passer ? » au lieu de « Qu’allons nous faire ? ». Alors, qu’allez-vous faire ?

En fait l’auteur a du faire ce constat et se dire : dans la mesure où je sais écrire des bestsellers économiques, je vais saisir cette opportunité pour faire parler de moi. L’ouvrage fait souvent référence à ses propres compétences et signe en quelque sorte une nouvelle et clinquante carte de visite : moi je me souviens de ceci ; alors que je rencontrais untel… ; l’expérience m’a montré que, etc. Cela n’aura pas échappé au chef d’entreprise que je suis, rompu aux méthodes marketing.

Lu dans le cadre de l'opération Masse Critique de Babelio

Un ouvrage à mettre entre les mains d’un novice en informatique, s’il en existe encore. Ou bien peut-être à offrir à un récalcitrant à la modernité, histoire de le décomplexer. Il n’y a qu’à parcourir les annexes pour s’en convaincre.

Un bon point quand même, mais tout de même pas une image, l’auteur fait référence à quelques personnages qui feront date dans ce que j’appelle le « business autrement » : les auteurs de 80 hommes pour changer le monde (Mathieu Le Roux et Sylvain Darnil) ainsi que Muhammad Yunus, fondateur du business social. Si je ne donne pas d’image c’est que l’auteur écrit un livre catalogue et ne sait pas mettre en avant l’exception de ces personnalités dans un monde qui reste très formalisé malgré tout ce qu’on pourra en dire.

Quant à la partie consacrée au W comme Woman, je n’arrive carrément pas à comprendre la position de l’auteur. Si pour lui « La femme est bien l’avenir de l’homme », je trouve cela inquiétant car j’observe plutôt que ces dames ne prennent pas forcément ce qu’il y a de mieux chez la gente masculine, pour réussir dans un monde qui reste encore très masculin.

Un site internet pour aller plus loin.

Une idée fantastique des Enfers…

31 décembre 2009

François de Nomé - Les Enfers

Au hasard de mes pérégrinations culturelles, je me suis attardé au Musée de Besançon sur une œuvre de François de Nomé, Les Enfers, qui m’a fortement interpelée. Cliquez sur l’image pour l’agrandir. Ce tableau a été peint au XVIIème siècle et je suis surpris par son côté moderne : tous ces petits personnages un peu partout répartis et qui font penser à de petits avatars pixélisés (au fond sous l’arcade). Un vrai délice ces Enfers !

Une librairie en 3D ?

11 août 2009

ebookFinalement, à l’échelle de l’Humanité, nous sommes passés en très peu de temps de la parole à l’écrit, de l’écrit à l’édition papier, et aujourd’hui du livre au e-book. Bien entendu, il ne faut pas s’attendre à ce que je fasse l’éloge de ces outils technologiques qui sont à la lecture ce qu’une fille de joie (ou un gigolo) est à l’amour : ça vous amuse un moment, mais la relation ne sera pas durable. Les spécialistes du livre numérique prévoient qu’à terme la courbe de lecture numérique croisera et dépassera celle de la lecture papier. Plusieurs éléments me font croire qu’il n’en sera pas ainsi :

  • Le premier point n’est pas le moindre : la baisse générale de la lecture chez les jeunes générations, sachant que ce n’est guère plus brillant pour leurs aînés… A moins de proposer des BD sur les e-book, je ne vois pas pourquoi les primo-lecteurs se découvriraient une soudaine passion pour la lecture grâce à la technologie. Peut-être en traduisant les oeuvres en langage SMS ? Peut-être en proposant d’autres fonctionnalités qui n’ont pas grand chose à voir avec la lecture. Ce genre d’outil existe déjà avec les i-Phone et consorts.
  • Une notion est très peu abordée dans ce débat sur l’avenir du livre. Celui de la possession, un des moteurs qui caractérise l’humain. Il y a plus de 1000 flux RSS dans mon Reader, et cela ce me fait ni chaud ni froid. Il y a même des jours où ça me saoule ! Par contre, j’ai pléthore de livres dans la bibliothèque et j’ai l’impression d’être riche. Il m’est même difficile de m’en séparer. J’ai découvert récemment le principe du livre voyageur, qui est pour moi un idée plus révolutionnaire et enthousiasmante que le e-book. C’est vous dire ! La prochaine fois que je rencontre le possesseur (et l’utilisateur ; deux concepts différents !) d’une liseuse numérique, je vais lui poser cette question : prends-tu ton pieds avec ce machin ?

On pourra trouver plein d’autres avantages au livre papier. Je ne me fais pas trop de soucis quant à son avenir. Lui et son bâtard numérique coexisteront comme des demi-frères qui s’ignorent. Par contre, ce sont les petites librairies qui auront à négocier ce virage difficile du mode de lecture et de l’appropriation du livre. Doivent-elles aller dans Second Life quand on sait combien ces univers sont mangeurs de temps ? Une sympathique petite rencontre autour d’un auteur n’est-elle pas finalement plus efficace à la fois pour le lecteur et pour le libraire ?

Lorraine Connection – Dominique Manotti

6 août 2009
Lorraine_connection

Lorraine Connection - Dominique Manotti

Comme disait la Marquise de Deffaud :

Entrez dans le monde des marchands de canon : il n’y a que le premier pas qui compte.

Dans la compétition qui opposent Matra et Alcatel à la reprise de Thomson, le milieu ouvrier est manipulé par les uns et les autres. Avec ses appuis politiques, Matra (Lagardère) rachète l’entreprise. Une équipe ad hoc de cadres d’Alcatel, dont un ancien de la DST, est alors constituée pour mener une contre-offensive : contrôle fiscal, délits d’inités et surtout, enquête sur les agissement du PDG français de Daewoo, la pierre angulaire qui va faire vaciller l’adversaire. Ce dernier, après avoir été miraculeusement naturalisé français et décoré, a monté à Pondange en Lorraine une entreprise de tubes cathodiques qui travaille pour Thomson Pologne. Une entreprise qui travaille à perte depuis sa création, certainement pour blanchir de l’argent et siphonner les subventions européennes. Au milieu de toutes ces combines Quignard, un ancien de l’OAS, manoeuvre en coulisses pour reprendre l’entreprise.

Et puis tout s’enchaine : accident du travail, licenciements arbitraires, grèves, incendies… Enquête.

Dominique Manotti se pose en militante et, pour reprendre ses termes dans cette vidéo excellente, en amplificatrice de la triste réalité. A mon avis, moi qui connaît les arcanes de la gestion d’entreprise, c’est plutôt bien réussi.

Les Causes du Larzac – Caryl Férey

1 août 2009

ferey03Léon Delpy fut l’un des casseurs du McDonald de Millau. A sa mort accidentelle, sa fille Mathilde découvre des documents dans sa vieille maison sur le plateau de Larzac. Des documents qui paraissent avoir été laissés là intentionnellement. Car Léon Delpy est mort d’une façon bien curieuse, et sa fille rassemble trop d’indices pour penser qu’il puisse s’agir d’un simple accident. Mathilde va mener l’enquête dans cette région qui, outre d’être chargée d’un lourd passé de syndicalisme agricole, est habitée de gens qui ne se livrent pas facilement. Rudesse des paysages, rudesse du climat.

Le titre de ce roman est déjà un résumé de celui-ci. Un roman écrit comme un document pour Enquête exclusive, qui s’appuie sur le démontage du McDo de Millau. Un exposé des positions de chacun des deux principaux syndicats paysans : la Confédération paysanne et la FNSEA, ici appelée la RNEA ; je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi le sigle n’est pas cité d’origine. Caryl Férey expose pourtant de façon assez claire les deux opinions : entre utopie réaliste et réalisme utopique, seuls les moyens divergent… Un roman qui remet quelques idées en place, même en ce qui concerne l’idéologie de la Confédération paysanne, en tout cas de sa base :

En fait, la question n’est pas d’être pour ou contre les OGM, mais pour ou contre le monde qui les produit.

L’écriture est agréable. Les descriptions sont à la fois courtes, précises tout en restant évocatrices. Tout cela accompagné par les chansons de Jacques Brel. Un roman-prétexte, mais qui se lit tellement facilement et avec beaucoup de plaisir. Et, comme le dit l’un des personnages : l’opinion publique ne peut pas faire autrement que prendre fait et cause pour la cause paysanne, qu’elle soit défendue par les uns ou par les autres.